Étang à Champlain avril 2014
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 Xavier Grandmont, premier maire
1er maire de Champlain en 1855. Franois-Xavier Houré Grandmont
 Le premier juillet 1855, près de 500 municipalités locales, dont Champlain, furent créées par l'adoption de la loi intitulée « L'Acte des Municipalités et des Chemins du Bas Canada » qui devint ainsi la base de notre régime municipal. Cependant, cet acte fut précédé de différentes tentatives pour permettre au peuple de se gouverner lui-même.

Nos Québécois d'alors, qu'on appelait les « Canadiens », n'avaient pas de traditions municipales, contrairement aux habitants des Îles Britanniques. À ce retard, s'ajoutaient de mauvaises relations entre les autorités britanniques et la population du Bas-Canada. Par contre les Élites locales étaient conscientes que le développement de la colonisation était entravé par le manque de voies de communication.

Des troubles sociaux culminèrent dans la colonie en 1837 et en 1838. Les tensions étaient tellement vives dans le Bas-Canada que les «Canadiens» prirent les armes. On parle alors des troubles de 37 et de 38 qui forceront «Sa Majesté britannique» à envoyer un enquêteur spécial, Lord Durham, pour faire rapport sur la situation. Dans son «Report of The Affairs of British North America» présenté à Londres en 1839, Lord Durham constatait une inorganisation quasi totale dans le Bas Canada au niveau de l’administration locale et il recommandait qu’on établisse des institutions municipales par la loi si nécessaire.

Dès le 29 décembre 1840, deux loi furent signées par le gouverneur Sydenham dans le dessein de créer des institutions municipales basées sur des districts (de grandes unités administratives imposées par le gouvernement). La population accepta très mal ces lois. On y voyait de nouvelles mesures pour les asservir à la Reine d’Angleterre.

Une nouvelle loi fut adoptée en 1845 pour créer des organisations municipales fondées cette fois sur le territoire des paroisses ; la population élisait un conseil formé de sept conseillers ; le maire était choisi parmi les conseillers. Les pouvoirs des nouveaux conseils touchaient surtout les ponts et les chaussées, les clôtures et les fossés, les taux de péage aux ponts et le prélèvement des impôts fonciers. Les conseils devaient se réunir au moins quatre fois par année.

Malheureusement, nous n’avons trouvé aucun document à ce jour nous informant de la composition d’un tel conseil à Champlain.

Ce système des municipalités a dû subir encore des résistances importantes puisque deux ans plus tard, en 1847, les autorités anglaises abolirent les 319 municipalités autres que Québec et Montréal et expérimentèrent un autre système en créant 46 municipalités de comté.

Les paroisses de Champlain, Ste-Geneviève de Batiscan, St-François-Xavier de Batiscan, Ste-Anne de la Pérade, St-Stanislas de Batiscan et Cap-de-La-Madeleine formèrent le premier conseil municipal de comté. Chaque paroisse déléguait deux représentants et ceux-ci se choisissaient un maire parmi eux. La première séance du conseil municipal du comté de Champlain eut lieu le 13 décembre 1847 à Ste-Geneviève de Batiscan. Les 14 représentants choisirent entre eux le maire de la nouvelle municipalité de comté et ce fut J.E. Lanouette de Champlain qui fut nommé. La première tâche du conseil fut de
nommer des inspecteurs et des sous-voyers des chemins dans les différentes paroisses.

Il est bon de noter que les représentants des paroisses n’étaient jamais identifiés comme venant de telle paroisse en particulier. Ainsi, une fois au conseil de comté, ils représentaient les intérêts du comté et non ceux de leur paroisse. Ce système va durer jusqu’en 1855 et il semblait satisfaire les représentants locaux qui tenteront d’empêcher la réforme du système qui se préparait en 1854 comme le démontrait la résolution suivante.

Ainsi, le 11 décembre 1854, le conseil de comté a pris en «considération la nature et les principes du Bill des Municipalités et
des chemins qui a été introduit en Chambre par l’Honorable Drummond, Procureur Général du Bas-Canada». Ce Bill prévoyait
modifier radicalement le système municipal mis en place depuis 1847. Les conseillers du conseil de comté de Champlain ont pris position contre ce bill. Ils « ont été unanimement d’avis qu’il ne serait pas avantageux au peuple en général et serait trop onéreux et qu’il serait plus avantageux de laisser subsister les conseils de comté tel qu’ils existent actuellement...» Une copie de cette résolution a été envoyée au procureur général mais sans succès.

En effet, le 1er juillet 1855, l’Acte des Municipalités et des chemins du Bas-Canada entra en vigueur et instaura le système municipal tel que nous le connaissons aujourd’hui. Chaque paroisse avait son propre conseil formé de conseillers élus qui se choisissaient un maire parmi eux. Puis ce maire était délégué au conseil de comté où il pouvait devenir préfet du conseil s’il était choisi par les autres maires. Les élections étaient prévues le deuxième lundi de janvier et elle se faisaient à main levée. L’électeur devait remplir deux conditions :fallait être un homme et posséder une propriété ayant une valeur d’au moins cinquante «piastres».

Le premier conseil municipal fut dirigé par François-Xavier Houré Grandmont qui devint par le fait même le premier maire de Champlain le 26 juillet 1855. Le premier officier nommé par le conseil fut M. Zéphirin Turcotte qui devait s’occuper de l’inspection des chemins et ponts pour « tous les chemins sur le fleuve, dans les villages Picardie, Laborde et Troy, plus la route du village Ayotte».

Sources :
Les minutes du Conseil de Comté de Champlain intitulées : Journal du Conseil municipal de
Comté de Champlain, 1845-1867.

Michelle Dumas-Rousseau, la Nouvelle revue Municipalité, oct 1980.

Notes historiques sur les Conseils de Comté, U.C.C.Q., 1980

Marcel P. Marchand, LLH